• Grae Leigh

Dark Waters : la critique du film, en DVD et Blu-Ray le 19 août 2020

Dernière mise à jour : 19 août 2020


Découvrez notre critique du film Dark Waters qui sort en DVD et Blu-Ray le mercredi 19 août 2020. Un thriller environnemental haletant avec un Mark Ruffalo impérial.


Notre version

Grâce à nos contacts de chez Darkstar, nous avons pu obtenir un lien de visionnage en VOSTFR. Et on regrette quelque peu de ne pas avoir eu entre les mains une version 'complète' (DVD ou Blu-Ray en version test) car il aurait été intéressant de découvrir les interviews des bonus.


Synopsis

Robert Bilott est un avocat spécialisé dans la défense des industries chimiques. Interpellé par un paysan, voisin de sa grand-mère, il va découvrir que la campagne idyllique de son enfance est empoisonnée par une usine du puissant groupe chimique DuPont, premier employeur de la région. Afin de faire éclater la vérité sur la pollution mortelle due aux rejets toxiques de l’usine, il va risquer sa carrière, sa famille, et même sa propre vie...


Notre avis

Quand nous avons annoncé la sortie de Dark Waters, la bande-annonce nous avait tout de suite séduit. Sortie en France le 26 février 2020, le film de Todd Haynes n'a cependant pas fait grand bruit et quel dommage.

Car le sujet qu'il traite est tiré de l'actualité, Rob Bilott (incarné par Mark Ruffalo) a en effet engagé un recours collectif contre la société DuPont pour empoisonnement. En 2019, il sort un mémoire (Exposure chez Atria) qui servira de base pour le scénario de Dark Waters.


Pour porter à l'écran ce thriller environnemental qui s'étale sur presque 20 années, Mark Ruffalo (grand écologiste reconnu) a jeté son dévolu sur le réalisateur américain Todd Haynes (Carol nominé pour six Oscars).


Dans le rôle de l'avocat Robert 'Rob' Bilott, on retrouve un Mark Ruffalo bluffant de réalisme. Il campe avec brio cet avocat qui a donné vingt années de sa vie au combat contre le géant DuPont, au mépris de sa vie personnelle et de sa santé. D'avocat fraîchement nommé associé au début du film, à avocat donnant tout pour la cause qu'il a choisi de défendre, Ruffalo montre là toute l'étendue de son talent.


A ses côtés, Anne Hathaway. Bien loin de son rôle de Selina Kyle dans The Dark Knight Rises ou encore Le Diable s'habille en Prada, l'actrice new-yorkaise prouve qu'elle peut jouer tous les registres. Dans le rôle de Sarah Bilott, épouse dévouée de Bob, sa prestation est très juste.


La distribution est complétée par des pointures : Tim Robbins, Bill Pullman ou encore Victor Garber. C'est d'ailleurs le premier, dans son rôle d'associé mentor de Bilott, qui va délivrer le discours le plus vibrant du film, celui qui lancera Taft, cabinet grand défenseur des industries chimiques, dans le combat contre DuPont.


Se déroulant sur deux décennies, Dark Waters dépeint parfaitement cette époque, avant l'émergence des nouvelles technologies. On peut se dire un peu naïvement que si l'affaire éclatait aujourd'hui, elle se réglerait en moins de temps grâce à l'utilisation de celles-ci. Mais on se rend bien compte que ce n'est pas une question d'époque, que le sujet de Dark Waters est d'actualité aujourd'hui encore.


En un peu plus de deux heures, Dark Waters nous entraîne dans cette lutte si inégale d'un avocat face à un géant mondial. Je le redis, le film traite d'une véritable affaire qui verra DuPont indemniser plus de 3 500 plaignants à hauteur de 670 millions de dollars au terme d'une procédure longue dans laquelle l'entreprise utilisera toutes les ressources à sa disposition, tous les stratagèmes du système judiciaire américain, pour empêcher ce que le spectateur voit comme inéluctable.


Comment pourrait-il en être autrement ?

Comment une société peut-elle s'en sortir au final plutôt bien face à la masse de preuves présentées ?


Et c'est là qu'il est nécessaire de voir Dark Waters car le film de Todd Haynes raisonne dans l'actualité, qu'elle soit environnementale, politique ou judiciaire. Il nous entraîne dans les coulisses d'un système corrompu et nous laisse un goût amer ... mais surtout une réelle, et nécessaire, méfiance face aux agissements de sociétés qui manipulent le système depuis des décennies. Car elles étaient là avant et ont construit un système qui les protège (et on ne parle pas ici uniquement de lobbying qui n'est que la partie immergé de l'iceberg).


Ici c'est la société DuPont avec le Téflon mais s'il y a bien quelque chose que Dark Waters démontre avec brio, c'est que le cas ne peut pas être isolé, les grandes sociétés sachant jouer du système et des garde-fous mis en place depuis des décennies.


Déprimant mais tellement nécessaire ...


Et on apprécie tout particulièrement que l'équipe ai fait appel à de vrais acteurs de cette affaire. Certes c'est peu, mais le clin d’œil est là et tellement apprécié.


Notre note

18/20







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